Il était une fois les nains

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Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Mer 19 Nov - 16:09

Si vous avez des commentaires à faire, veuillez le faire ici


L'origine des nains se perd dans les abîmes du temps et seule l'existence de Grundir permet aux nains d'expliquer leur présence sur ces terres. Mais Grundir a t-il créé les nains ? C'est ce qu'ont affirmé ses grands prêtres au cours des âges, et puisque rien ne permet d'infirmer cette thèse, la création de la race naine par Grundir est considérée comme un fait par l'ensemble du peuple nain.

Toujours est il que l'histoire naine débute communément par la création de Grundïl, la première des grandes cités naines, sous la férule de leur dieu. Cette période bénie, dont la durée est difficilement quantifiable puisqu'elle appartient désormais à la légende, est celle durant laquelle Grundir gouverna son peuple et lui transmis les secrets de la forge, des runes et de l'art du houblon.


Drugar connaissait cette histoire par cœur et il ne voyait pas comment elle pourrait l'aider à résoudre son problème. Il referma le livre ancien avec délicatesse, pas suffisamment cependant pour éviter de s'attirer le regard noir lancé par l'archiviste qui le surveillait du coin de l'œil.

- Attention avec ces volumes, ils sont là depuis des siècles !

- Excuse moi mon frère, je croyais avoir été précautionneux.

Drugar sortit de la bibliothèque et les grommèlements de l'archiviste finirent par s'éteindre. Il s'engagea dans une série de couloirs. Une angoisse sourde le tenaillait et bien que celà fit plusieurs mois qu'il l'a ressentait, Drugar ne parvenait pas à l'oublier. Il n'était d'ailleurs pas le seul. Où qu'il passe et quel que soit le nain qu'il croisait, il pouvait ressentir un je ne sais quoi d'anormal, un malaise.

Il arriva enfin devant les appartements royaux, salua les gardes d'un signe de tête et s'engagea dans le petit couloir qui menait à la salle du trône. Là encore, des gardes le saluèrent et il pu rejoindre la salle du trône.

Le roi était en plein conseil, aussi, après avoir signalé sa présence au chambellan, Drugar prit son mal en patience. Celle-ci aurait été mise à rude épreuve si Drugar n'avait pas été d'un naturel patient. Enfin, près de deux heures après son arrivée sur les lieux, la salle commença à se vider.

Lorsqu'ils ne furent plus que trois, le chambellan alla fermer les portes et le roi se tourna vers Drugar :

- Que me vaut cette visite ?

- Bonjour père, je viens vous rendre compte de mes recherches. Voilà trois jours que je fouille les textes des archives pour tenter de trouver une solution à notre problème mais en dehors de l'histoire du peuple nain que nous connaissons tous fort bien, je n'ai pas réussi à trouver quoi que ce soit d'utile.

- Comme je m'y attendais. J'ai moi même épluché ces volumes avant de t'y envoyer et je n'y ai rien trouvé non plus. Nous devrions peut être faire appel aux autres royaumes..

- Et nous comporter en mendiants ? Je ne pourrais le supporter père, n'y a t-il pas une autre solution.

- Je préfèrerai éviter moi aussi mais je crains que nous n'ayons pas le choix... Nous n'avons toujours pas retrouvé la trace du “Renouveau de Grundir”.

- Ces fanatiques ? En quoi pourraient-ils nous être utiles ?

- Il paraitrait que la bible de leur secte contiendrait une prophétie sur ce qui nous arrive. Un prisonnier nous l'a dit, bien qu'il refuse de nous donner des informations qui nous permettraient de les contacter.

- À raison me semble t-il, si nous savions où ils se rassemblent, leur longévité aurait été fortement raccourcie ! Mais s'ils peuvent nous être utiles, je me fais fort de retrouver leur trace.

- Alors vas-y, tu as un mois. Passé ce délai j'enverrai des missives aux autres royaumes pour leur demander de l'aide, nous ne pouvons nous permettre de perde trop de temps.

Drugar salua, un genou à terre comme l'usage le commandait, puis s'éloigna.


Dernière édition par Natchoum le Jeu 20 Nov - 20:08, édité 1 fois
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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Jeu 20 Nov - 20:08

Une semaine passa pendant laquelle Drugar tenta par divers moyens de se renseigner sur le lieu de rassemblement du Renouveau de Grundir, mais si la secte existait toujours c'était surtout parce que quasiment personne ne savait comment les trouver. Le soir du septième jour, c'est un Drugar fatigué et quelque peu démoralisé que l'aubergiste du Comptoir d'Argent vit entrer dans son établissement.

Les heures passèrent et Drugar menaçait dangereusement de passer de l'état d’ébriété à une torpeur profonde lorsqu'une claque à ébranler un bœuf le jeta presque à bas de son tabouret. Il se leva en chancelant, une lueur assassine dans le regard ...
Et un sourire se dessina sur son visage :

- Dolgia, qu'est ce tu fous là !

- Ce que je fais là, je pourrais te retourner la question, il n'y a plus rien à boire au palais ?

- Fais pas l'idiote, je suis en mission, j'suis pas sensé picoler..

Drugar commençait à retrouver ses esprits. Son organisme éliminant rapidement toute trace d'éthanol dans son corps, une capacité propre à sa race.

- Et ça consiste en quoi cette mission  ?

- Ah commence pas, tu sais très bien que je n'ai pas le droit d'en parler.

- Même à moi ? Dit Dolgia avec un sourire charmeur.

Drugar était un nain intègre, mais depuis des années il ne pouvait rien refuser à celle vers qui son cœur allait, bien qu'elle ne fut pas bien née. Quelques minutes de cajoleries de plus et hop, le voilà qui lui narre l'histoire à voix basse.

Au bout de quelques minutes Dolgia l'interrompit et l'emmena chez elle pour qu'il continue son récit en étant plus à l'aise. Elle n'avait jamais aimé les tavernes des rues basses mais elle se doutait qu'elle y trouverait Drugar qui était un aficionado. La soirée puis la nuit passèrent et ce fut la sonnerie du réveil collectif qui les réveilla. Dolgia alla travailler à la forge céleste et Drugar repartit mener son enquête.

D'un point de vue extérieur il piétinait toujours, mais sa nuit avec Dolgia n'avait pas été un simple rendez-vous amoureux. Pendant la nuit, sa douce lui avait appris qu'elle avait été approchée par un émissaire du Renouveau de Grundir, comme beaucoup d'aspirants maître des runes qui n'osent en parler par crainte des représailles bien connues que pratiquent les membres de la secte. Bien évidemment, Drugar n'était pas au courant de cette pratique d'enrôlement et il s'était juré d'y mettre fin dès qu'il aurait rempli sa mission.

Il entra dans un dédale de tunnels sombres avec la désagréable impression d'être épié. C'est en arrivant non loin du vieux temple dont avait parlé sa chère Dolgia que ses paroles lui revinrent en mémoire :

" Lorsque tu verras le portier, donne lui ce bijou, puis retournes t'en d'où tu viens, ils te contacteront ".

Drugar jeta un coup d’œil au pendentif en forme de tonnelet en or au creux de sa main puis à la vieille bâtisse lorsque la sensation de malaise s'accentua.
Il décida donc d'aller chercher Golrigh, une connaissance de longue date dont le visage était bien moins connu que le sien pour lui faire effectuer la transaction.

Toc toc ..

Une voix bourrue s'éleva de l'autre côté de la porte, un peu étouffé par l'épaisseur de la pierre.

- Et merde, pas moyen de se siffler un tonnelet au calme ! C'est qui cette fois ?

- C'est moi mon cher, le vin n'améliore pas ton caractère, tu devrais en revenir à la bière.

- Je rêve pas, c'est bien Drugar qui se prend pour un poète à rimer sur mon palier, entre vieux frère !

Et les voilà attablés avec une choppe, à échanger des souvenirs jusqu'à ce que Drugar explique à son compère ce qui l’amenait. Ni une ni deux, Golrigh accepta de lui rendre service et ils passèrent la fin de soirée à élaborer un plan.

Alors que la lune baignait les champs de houblon à l'extérieur de la montagne et que la majorité des nains étaient dans leurs lits, bercés par les CRAC, BOUM, BANG de leurs machines de forages, Golrigh se rendit au temple reculé pour rencontrer le portier. L'échange se passa sans un mot et il rentra chez lui sans encombre au petit matin.


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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Jeu 18 Déc - 19:54

Trois jours et deux nuits s'étaient écoulés depuis que Golrigh était allé au temple. Drugar passait des journées difficiles, rongeant son frein en attendant un contact. C'était sa seule piste et vu ce qui était en jeu,  il piaffait d'impatience. Lui qui était d'ordinaire si calme et si patient se surprenait à fixer l'horloge puis la porte en de nombreuses occasions.

La troisième soirée fut courte, Golrigh était passablement énervé de l'agitation de son compère et ils se couchèrent tôt. C'est au milieu de la nuit, au beau milieu des ronflements tonitruants de Drugar qu'un toc toc discret tira Golrigh de son demi sommeil. Le temps qu'il se lève et ouvre la porte, le visiteur était reparti, invisible dans le tunnel sombre. Il ne restait qu'une feuille de papier pliée en deux sur le seuil de la porte.
Golrigh alla réveiller Drugar et ils ouvrirent ensemble le court billet :

Demain soir.
À La taverne du Porc Tavelé.
Venez seul.


- Bah au moins c'est explicite.

- Et je vais leur dire quoi moi à tes gugusses.

- Juste que je souhaite rencontrer leur chef, que ma démarche n'est pas officielle mais que l’enjeu est de taille, pour nous tous.

- Et ba, j'aurai de la chance si je reste en vie jusqu'à la fin de ma phrase. Lança Golrigh d'un ton moqueur, il  n'avait décidément pas le sens du danger.

- Tu renonces ? Le titilla Drugar

- Moi ? Tu m'as pris pour qui, un Fer-de-Masse ne renonce jamais mon ptit père.

Trop excités pour aller se recoucher, les deux compères décidèrent de prendre une solide collation et de profiter du peu de temps qu'il leur restait pour deviser, avant que ne sonne le réveil général et la trompe d'appel au travail.

Si la journée précédente avait paru longue à Drugar, celle-ci lui semblait encore pire. Il ne fit rien de la journée, patientant tant bien que mal chez son ami.

Minuit approchait et Drugar commençait à s'inquiéter pour Golrigh. Ce dernier était un dur, certes, mais les membres du "Renouveau de Grundir" n'étaient pas des tendres. Il se préparait à sortir à sa recherche lorsque la porte s'ouvrit sur son ami. Chancellant, les yeux hagards, Golrigh entra, déposa un billet sur la table et s'enferma dans sa chambre avant que Drugar n'ai pu esquisser le moindre geste. Un tel comportement de la part de Golrigh, d'ordinaire si volubile ne manquait pas de l'inquiéter mais son camarade refusait d'ouvrir la porte de sa chambre et ne répondait pas.

Inquiet et perplexe, Drugar récupéra le billet où il était inscrit :

Demain, même lieu, même heure.
Seul.


Pas très engageant, surtout après avoir assisté au retour de Golrigh. Quelque chose ne tournait pas rond chez son ami mais Drugar fini par partir sous l'insistance des quelques injonctions émises par celui-ci de l'autre côté de la porte.

Drugar n'avait jamais été un lâche mais pour plonger Golrigh dans un tel état, il fallait des moyens. Des grands moyens. Malheureusement il ne pouvait pas prendre le risque de se faire accompagner sous peine de faire échouer sa prise de contact.

C'est donc un Drugar circonspect et pas très rassuré qui s'aventura jusqu'à la Taverne du Porc Tavelé.
Il ne s'y était jamais rendu et l'aspect extérieur, surtout à cette heure de la nuit, n'était vraiment pas engageant. Pourtant difficile de faire vieillot et mal entretenu pour une construction creusée dans la roche mais le propriétaire n'avait pas l'air porté sur l'hygiène. Un espèce de liquide brunâtre sourdait des fissures de la paroi tandis que des tâches d'un blanc pâle s'étalaient sur le mur.

- Le porc tavelé, ça porte bien son nom, grommela Drugar dans sa barbe.

Il s'approcha et tendit la main pour ouvrir la porte lorsqu'une bûche s'écrasa sur le sommet de son crâne, le plongeant dans l'inconscience.
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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Lun 12 Jan - 14:44

"Qu'est ce que tu ... faire vite, son père ... dépèche le Printemps ..."

Drugar reprenait lentement conscience et le coup reçu sur la tête le laissait plus qu'embrumé. Pas moyen de se concentrer pour comprendre clairement ce qui se disait et le sentiment de roulis qu'il ressentait ne l'y aidait pas. Le bâillon et le bandeau qu'il avait sur les yeux l’empêchait de se repérer ou de demander assistance.

- Tiens on dirait que notre invité se réveille, tant mieux j'en ai ma claque de le porter, fit une voix masculine d'un ton fatigué.

- Arrête de ronchonner et dépêche toi, nous sommes presque arrivés.

Ses ravisseurs se remirent à marcher et Drugar se rendit soudain compte qu'il était allongé sur une espèce de civière. Il tenta de se redresser mais les chaînes qui l'entravaient le retinrent dans un cliquetis métallique.

Un rire bref retentit et le silence revint. Les minutes passèrent lentement, si lentement qu'elles semblèrent durer des heures, lorsque soudain, ses ravisseurs le posèrent au sol. Il y eu un toc toc discret, le bruit d'une porte qui s'ouvre et voilà que ses ravisseurs le déplaçait à nouveau. Au bout de quelques minutes, ils s'arrêtèrent de nouveau et une voix s'éleva :

- Il n'y a pas eu de complications ?

- Non, aucune mon père.

- Alors détachez le, qu'attendez vous ? Que je le fasse moi même.

Il y eu une grande agitation et Drugar sentit qu'on le libérait. La lumière aveuglante afflua dès que le bandeau lui fut retiré et le temps que ses yeux se réhabituent à la luminosité, Drugar se retrouva sans aucun repère.

- Veuillez excuser la manière employée, si elle n'est pas protocolaire elle a déjà maintes fois montré son efficacité. Son interlocuteur se perdait dans le flou de sa vision mais Drugar fut frappé par les intonations et l'accent aristocratique de la voix.

- Qui êtes vous ? Demanda le prince.

- Vous avez demandé à me voir, mes fidèles m'appellent Le Printemps, je suis le chef spirituel du Renouveau de Grundir.

La vue de Drugar commençait à s'éclaircir et il détailla son vis à vis. C'était un nain dans la force de l'âge, vêtu d'une toge pourpre, arborant une barbe grisonnante bien fournie. Mais c'était ces yeux et sa prestance qui renseignèrent Drugar immédiatement : ce nain était intelligent, connaissait le pouvoir et savait le manier.

- Ce que j'ai à dire ne peut être entendu que par vous seul.

Le Printemps intima alors à ses hommes de sortir et planta ses prunelles gris acier dans celles de Drugar :

- Alors mon prince, que voulez-vous savoir de si important que vous risquiez votre réputation et celle de votre père pour venir me parler ? Seriez-vous enfin prêt à donner à notre culte la légitimité qu'il mérite.

- Je ne suis pas là pour ça, grommela Drugar. Avant toute chose je voudrais savoir ce que vous avez fait à Golrigh demanda t-il d'un ton qui laissait entendre sa fureur contenue.

- Votre ami va bien, il repense certainement à quelques petites choses mais je puis vous assurer qu'il va bien.

- Il va bien ? S'exclama Drugar. Il n'est plus lui même vous voulez dire, Golrigh n'a peur de rien et il est revenu dans un état de détresse que je ne lui ai jamais vu. Que lui avez vous fait ! Questionna Drugar d'une voix indignée.

- Vous devriez vous calmer mon cher avant que mes fidèles ne s'en charge à votre place, l'interrompit l'autre. Je vous dis que votre ami va bien. Cet état mental est une conséquence malheureuse de notre procédé de modification partielle de la mémoire. À l'heure qu'il est Golrigh a complètement oublié ce qui s'est passé depuis deux jours. Je vous repose donc ma question, que me voulez vous ?

Drugar réussi à retrouver son calme et souffla un mot : Manachan.

À l'énoncé de ce mot, Le Printemps pâlit et esquissa un geste de la main. Drugar sursauta lorsqu'il vit deux hommes qui sortirent des ombres et s'approchèrent de leur chef.

- Sortez.

- Et vous laisser tout seul avec lui .. ?

- J'ai dit SORTEZ ! Tonna leur chef d'une voix terrible.

To be continued ...
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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Mer 28 Jan - 23:25

- J'en déduis que vous savez des choses sur ce qui se passe là bas.

- C'est possible mon cher Drugar, mais je voudrais savoir d'abord ce que vous en savez.

Drugar jaugea le nain qui lui faisait face. Détendu et confiant, il semblait avoir environ un siècle mais son regard montrait une sagesse bien supérieure à celle de nombreux nains. Étonnamment Le Printemps ne ressemblait pas du tout à l'idée que Drugar se faisait des fanatiques du Renouveau de Grundir et encore moins de leur chef. Il s'attendait à tomber sur un illuminé or son interlocuteur semblait avoir toute sa raison, mieux il semblait même sensé et brillant.

- Puis-je lui faire confiance marmonna t-il dans sa barbe.

Sa phrase était quasiment inaudible mais Le Printemps sembla voir clair dans son conflit intérieur et déclara :

- Je sais que notre mouvement n'est pas réputé pour sa fiabilité et que vous ne me connaissez point mais je ne suis jamais revenu sur ma parole de toute ma vie. Seriez vous satisfait si je vous promettais de jouer carte sur table.

Drugar n'était pas du genre à faire confiance au premier venu, pourtant, l'aura qui émanait de son interlocuteur le poussait à parler sans fard. Il avait beau se dire que le chef du Renouveau de Grundir ne pouvait être considéré comme un ami, le mélange de charisme et de sagesse que dégageait le maître du culte le poussait inexplicablement à le voir comme tel. Après une dernière hésitation, il envoya sa morale au placard et se mit à parler.

- Puisque le nom de Manachan ne vous est pas inconnu, je suppose que vous savez ce qu'on en extrait et comment les quatre grandes cités naines se partagent ce trésor. Mais si vous le permettez je commencerai par le début, que nous sachions si nous partons sur les mêmes postulats de base.

- Il me semble que c'est une bonne idée.

- Les mines de Manachan donc ... Sans nul doute l'un des lieux les plus importants au monde. C'est de ces mines que nous tirons l'Ordiondite, le matériau à la base de tous nos enchantements runiques, je gage qu'il ne vous est pas inconnu.

- Effectivement, mais continuez je vous prie. Lorsque vous aurez fini je vous raconterai ce que nous en savons.

- L'Oriondite donc... Le métal le plus convoité de tous les temps. Il ne repose que dans les profondeurs de Manachan et sa possession a suscité de nombreuses convoitises. C'est pour éviter les conflits ouverts que les quatre grandes cités naines se partagent son exploitation depuis la fin de l'Obscurantisme. De mémoire de nain, personne n'a jamais remis cette règle en question.

- Il se peut que je vous contredise lorsque viendra mon tour de vous raconter ce que nous savons de ces mines..

Drugar resta bouche bée quelques secondes, puis retenant les questions qui lui venaient en nombre, il continua son récit :

- Cette année, c'est au tour de Grundïl d'exploiter les mines. Nos équipes de mineurs sont partis dans le plus grand secret il y a quelques mois pour remplacer les ouvriers de Karak Balond. La procédure exige que nos équipes nous envoie un message une fois sur place. Malheureusement nous n'avons pas reçu de nouvelles et nous avons envoyé une troupe d'une vingtaine de nains de confiance pour voir ce qui se passait. Aucun n'est revenu. Plus inquiétant encore, nous n'avons pas non plus reçu de rapport de l'émissaire en place à Karak Balond et tous les messagers que nous leurs avons envoyés ont disparu.

Le visage du Printemps s'assombrissait tout au long de l'exposé de Drugar.

- Serait ce la guerre ? Demanda t-il d'une voix incertaine. C'est impossible, les nains ne se combattent plus depuis des siècles, Grundïr nous l'a formellement interdit !

- Nous n'en sommes pas certain mais il est sûr que c'est une possibilité sérieuse. J'ai cependant oublié de préciser quelque chose. Il y a une semaine, l'un des mineurs envoyés à Manachan est revenu. Il était sous l'emprise d'une fièvre intense et il est mort en tenant des propos incohérents excepté un mot qu'il a répété à maintes reprise : Angrulok.

À l'instant où ce mot quitta les lèvres de Drugar, celles Du Printemps se contractèrent imperceptiblement avant qu'il ne se reprenne. Celà n'échappa pas à son interlocuteur qui arrêta son récit. Après quelques secondes d'un silence pesant, il relança son vis à vis :

- Il me semble que c'est à votre tour de me dire ce que vous savez de cette affaire.

Le Printemps hocha la tête et rassembla ses pensées.

- Comme vous l'avez remarqué, je connais l'existence des mines de Manachan et ce qui en découle. Pour être honnête je connais aussi leur emplacement.

- Quoi ? Comment ...

- Vous avez été franc avec moi, je vais donc vous rendre la pareille. Avant de commencer, pourriez vous me dire qui est au courant de cette histoire ?

- Mon père, ses quatre plus proches conseillers et moi. Quelques autres nains ont été mis au courant, comme l'ambassadeur que nous avons envoyé à Karak Balond, mais ils ont tous disparus.

- Et qu'est ce qui vous a poussé à me rencontrer ?

- Un de vos adeptes emprisonné pour trahison a fini par nous révéler que votre culte avait connaissance d'une prophétie qui pourrait s'appliquer à ce que nous vivons à présent.

- La prophétie de Zekaraï. Effectivement, ce que vous m'avez raconté pourrait bien s'appliquer à cette prophétie, il est aussi possible qu'elle se soit déjà réalisée il y a plusieurs siècles. Une question d'interprétation des textes sacrés, comme toujours. Je vous en parlerai un peu plus tard. Comme vous je vais commencer par le début. Contrairement à vous, nous connaissons l'Angrulok depuis toujours.

- Comment ?! Lâcha Drugar.

- Comme vous le savez surement notre culte est basé sur plusieurs textes sacrés que votre dogme ... officiel a écarté il y a de celà des millénaires. Ces textes sont obscurs et il a fallu des centaines d'années pour que nous les comprenions. L'un d'eux parle de l'Angrulok, et nous enseigne que c'est un minéral extrêmement rare qui gît plus profond des mines de Manachan. Toujours selon ce texte, une infime pincée de ce minéral réduit en poudre permet, je cite « d'être en parfaite communion avec Grundir ». Comprenez que celà permet d'atteindre une sorte d'ivresse divine. Cette phrase a poussé nombre de mes prédécesseurs à envoyer des agents au cœur de Manachan pour en ramener l'Angrulok, et ce, malgré les risques.

- Les risques ? J'imagine que vous ne parlez pas de ce qui aurait pu arriver à ces agents s'ils étaient découverts.

- Non effectivement. Les risques dont je parlais sont énoncés dans la prophétie de Zekaraï.

Il marqua alors une pause, comme pour se remémorer des mots appris il y a longtemps puis récita :

Lorsqu'à Manachan
L'accès sera dénié
Maints nains tenteront
Alors d'y pénétrer

Des rois, des gueux
Des preux et des pêcheurs
Onc ne passera l'entrée
Quelques soient leurs ardeurs

Inquiet, le prince juste
Cheminera en secret
Et c'est du fond des mines
Qu'il ramènera l'objet

Dès lors d'un choix aveugle
Dépendra les nations
Lumière ou désespoir
Feront rétribution


Drugar réfléchit quelques instants puis demanda :

- Vous m'avez dit qu'elle s'était peut être réalisé, de quoi parliez vous ?

- De la fin de l'Obscurantisme, lorsque le Prince Gorazin partit en Manachan pour implorer Grundïr devant l'Autel Originel. Comme vous le savez, Grundïr entendit sa supplique et ordonna aux quatre monarques de se partager son exploitation.

- Je n'ai appris l'histoire réelle qu'il y a peu. Jusqu'à présent, comme tous les nains, je croyais que la cause de cette guerre s'était perdue et que Grundïr était apparu pour interdire à ces enfants de s'entretuer jusqu'à l'extinction.

- Il ne me reste qu'une chose à vous apprendre, il y a quelques mois j'ai reçu un message d'un sympathisant de Kazadrine m'avertissant qu'ils avaient envoyé un message à Karak Balond à propos des mines de Manachan. Malheureusement il n'a pu lire que le début du billet pressé qu'il était de devoir le remettre en place...

Le silence s'installait lorsque Drugar décida qu'il était temps de prendre congé. Il remercia Le Printemps qui lui demanda de le tenir au courant. Pour des informations comme celles-ci, ce n'était pas cher payé. Comme appelé par un signal invisible, deux hommes entrèrent et on lui banda à nouveau les yeux. Il suivit ses guides pendant plus d'une heure avant qu'on ne lui retire son bandeau. Les deux nains s'éclipsèrent rapidement et Drugar se retrouva seul. Il était temps de rentrer au palais.

To be continued ...


Dernière édition par Natchoum le Sam 31 Oct - 16:47, édité 1 fois
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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Sam 25 Avr - 16:09

Le regard plongé dans les flammes,  Drugar était perdu dans ses pensées. Huit nains, c'était tout ce qui restait de l'escorte qu'il avait emmené avec lui il y a trois jours. S'il avait su que la situation se détériorerait à ce point ... La chance choisissait bien son moment pour lui faire défaut !

Après son entrevue avec Le Printemps, Drugar avait rejoint son père et, fort de ses nouvelles révélations, avait réussi à obtenir la permission d'emmener une compagnie avec lui jusqu'à Manachan. Il avait choisi trente nains, triés sur le volet et tous membres du Marteau de Grundïr. Puisque aucun des messagers n'était revenu du passage souterrain qui mène à l'entrée de Manachan depuis Grundïl, Drugar décida de passer par la surface. Une idée sensée, qui aurait du lui permettre de rallier Manachan en sureté. Ce n'était pas les quelques morts vivants qui hantent la surface qui allaient empêcher l'élite des guerriers nains d'atteindre son but.

La première nuit ils repoussèrent sans le moindre effort les quelques morts vivants en maraude qui avaient osé les importuner.
Mais la chance, cette compagne versatile avait décidé de s'en mêler.

Le second soir, Drugar et sa troupe commençait à peine à monter leur campement lorsqu'un hurlement de souffrance retentit au milieu des arbres. C'était la voix de Breli, parti se soulager après avoir monté sa tente. Immédiatement, avec l'efficacité qu'octroie une longue habitude, les nains se déployèrent. Par groupe de trois, leur marteau runique prêt à servir, les soldats s'étaient élancés dans toutes les directions.

Ce fut Forbinn, Korban et Fraond qui découvrirent le corps sans vie de Breli, les bras arrachés du corps. Ils n'eurent toutefois pas le temps de se demander qui pouvait être le responsable, les fourrés s'entrouvrirent et une créature massive en sortit.
Deux fois plus massive qu'un nain, son corps musculeux culminant à plus de deux mètre cinquante, le faciès en ruine, la créature les fixait, une lueur débile au font de ses yeux décalés.

Un blop !

Les nains n'avaient jamais croisé de telle créature de leur vivant mais connaissaient les récits et les légendes qui couraient sur leur compte. Ils s'apprêtaient à appeler leurs camarades lorsque la créature se jeta sur eux, passant de l'immobilité totale à une charge dévastatrice avec une rapidité insoupçonnable pour une créature d'une telle masse. Il bouscula Korban, et décolla la tête de Fraond de ses épaules à l'aide de son couteau rouillé. Forbin se jeta sur le blop, son marteau runique dressé au dessus de sa tête et lui porta un coup en pleine tête. Ou plutôt il aurait dû lui porter. Au dernier moment, le monstre s'était avancé, ses grosses mains enserrant les poignets de Forbin. Un sourire sembla éclairer sa face dévastée lorsqu'il écarta les bras, arrachant du même coup les bras du nain de son corps.

L'action n'avait duré qu'une poignée de secondes et un guerrier normal serait resté figé. Mais pas un Marteau de Grundïr. Avec un regard étincelant de colère, Korban bondit sur son adversaire et lui assena un coup propre à lui broyer le torse. L'impact fit à peine reculer le blop.

Mem pa mal ! Beugla le blop en se jetant de nouveau sur le nain.

Éberlué de voir le peu d'effet causée par sa frappe pourtant puissante et par la magie runique de son marteau, Korban hésita une seconde. Ce fut la seconde de trop. Le blop agrippa son casque d'une seule main et lui broya le crâne.

Alertés par les bruits de combats, Drugar et les Marteaux de Grundïr arrivèrent à cet instant. Au lieu d'afficher la peur tremblante que ressentait souvent la cible de l'ire des nains, le blop les dévisagea avec un grand sourire.

Moi encor taper !

Il se jeta sur les nains, projetant le cadavre de Korban sur les plus proches et commença son ode à la mort.
Malgré tout, le fleuron des armées de Grundïl n'était pas à prendre à la légère : une grosse vingtaine de nains enragés et armés de marteaux runiques équivalait à une énorme puissance de destruction.

À chaque coup porté par la créature difforme, un nain s'écroulait mort, le crâne ou les côtes brisés malgré l'armure. Mais le blop ne s'en sortait pas indemne non plus, le corps marbré de tâches vives, ses capacités de régénération étaient mises à rude épreuve.

Drugar lui porta alors un coup en pleine tête, si puissant que le blop décolla du sol et fut projeté contre un arbre. La créature se retrouva étourdie. Bougeant la tête dans tous les sens elle repéra un zombi non loin. Ayant complètement oublié Drugar et les siens, elle trottina en direction du zombi pour en faire son repas.

Sur la compagnie de trente nains qu'avait emmenée Drugar, il n'en restait plus que huit qui repartirent rapidement sans même enterrer leurs compagnons. Le blop risquait de revenir et Drugar devait absolument se rendre en Manachan. La chance choisissait bien son moment pour lui faire défaut !

To be continued ...


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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Sam 9 Mai - 16:06

Le reste du trajet jusqu'à l'entrée de Manachan se déroula sans incident notable. Drugar et ce qui restait de son escorte s'arrêtèrent au pied d'une falaise nue et Drugar fouilla son sac.

On ne distinguait rien sur la paroi de roche qui permette de repérer le passage caché. Celui ci s'ouvrit dans un bruit étouffé lorsque le nain approcha la clé runique qu'il venait de sortir et grommela un mot incompréhensible. La petite troupe alluma des lanternes et s'engagea dans le tunnel ainsi dévoilé.

Au bout d'une heure de cheminement, le groupe fut arrêté par une solide porte de chêne gravée de runes scintillantes. Une inscription était lisible sur le linteau : " Éteignez vos lanternes ". Les nains obtempérèrent, leur excellente vision nocturne leur permettrait de se déplacer sans encombre. Ils ne discernaient peut être pas tous les détails mais ils y voyaient tout de même convenablement.

Drugar leva à nouveau sa clé et répéta le mot d'ouverture. À son simple énoncé, l'éclat des signes runiques diminua puis s'estompa et le prince de Grundïl pu ouvrir la porte.

Le petit groupe s'engagea à nouveau dans le tunnel. Inutilisé depuis de nombreuses années puisque les mineurs passaient par les entrées principales, le tunnel était recouvert de poussière. Perdu dans ses pensées, Drugar marchait mécaniquement en se remémorant les paroles de son père. Il sursauta donc lorsque Bolfur lui posa la main sur l'épaule. Son vis à vis semblait mal à l'aise. Drugar tourna la tête et vit que le reste de son escorte semblait dérangé par quelque chose.

Tu ne sens pas ?

Sentir quoi ? Se demanda Drugar avant d'inspirer profondément par le nez. Une odeur doucereuse, assez faible au demeurant, planait sur les tunnels. Une odeur de mort...

Continuons. Enjoignit Drugar en joignant le geste à la parole. Sur le qui-vive, les nains reprirent leur progression.

Quelques temps plus tard, le nain de tête s'arrêta net. Au milieu du passage, allongé de tout son long, reposaient les restes torturés d'un de leur compatriote. L'air grave, les nains détaillèrent la dépouille.

Aucune blessure apparente mais lorsque Drugar le retourna du bout de sa botte, toute la troupe fut glacée par le rictus d'horreur et de douleur qu'affichait le cadavre. En dehors de cette expression macabre, le corps gardait tous ses secrets. Impossible de connaître la cause de sa mort. En dehors de sa grimace démente, le nain paraissait être mort alors qu'il était au mieux de sa forme. Pas le moindre signe de combats ou d'amaigrissements.

Après un bref conciliabule, le cœur troublé, les nains décidèrent de continuer leur progression. Soudain, sans avertissement, le tunnel déboucha sur une salle gigantesque, plongée dans le noir. Malgré leur nyctalopie,  les nains ne pouvaient que vaguement en discerner les contours.

La salle principale de Manachan, l'origine de tous les tunnels de forage et le centre de la vie dans la mine. Elle contenait les baraquements des mineurs, le réfectoire et nombre d'entrepôts.

Le désespoir enserra le cœur des nains : C'était le cœur de l'expédition minière et la salle n'aurait jamais du être plongée dans les ténèbres. Depuis le début de cette histoire, Durnik, le roi de Grundïl, était certain qu'une des trois autres villes avait violé le traité et continué l'exploitation en dépit du décret.
Après avoir entendu les révélations du Printemps , le monarque s'était convaincu que les nains de Karak Balond avaient déclenché les hostilités. Drugar s'était laissé convaincre, oubliant les nombreuses références au mystérieux Angrulok. Voir la mine complètement désertée lui fit comprendre combien leurs hypothèses étaient erronées.

Drugar brûlait du désir de savoir ce qui s'était passé mais son sens pratique prit le dessus. Il renvoya trois nains prévenir Grundïl de l'abandon total de Manachan. Son père déciderait comment réagir. Pendant ce temps, Drugar et les cinq nains restants exploreraient la mine par groupes de deux à la recherche d'indices.

La troupe se sépara donc et Drugar parti avec Bolfur. Il progressèrent dans la salle et n'y trouvèrent que des cadavres anonymes. Une odeur ignoble planait sur le réfectoire et les baraquements, mélange de mort et de putréfaction. Pourtant étonnamment, aucun cadavre ne paraissait avoir subit l’œuvre du temps. Tous était frais, la chair encore élastique comme s'ils étaient morts depuis peu.

Quelques heures plus tard, alors que le soleil déclinait au dessus de la montagne, les explorateurs se regroupèrent dans la salle, devant l'entrée du tunnel et partagèrent un repas. Personne ne parla, une chape de plomb écrasait les membres de l’expédition.

Ce fut Drugar qui rompit le silence en décidant de dormir ici même. La nuit passait et il se réveilla de lui même, tout à fait reposé. De lui même ? Pourquoi ne l'avait on pas réveillé pour prendre son tour de garde. Il se leva et ses poils se dressèrent sur sa nuque. À côté de lui, trois de ses compagnons dormaient profondément. Mais où étaient donc passés Fraek et Elgram ?

Drugar réveilla les trois nains endormis et ils entreprirent de chercher les disparus. Après deux heures de recherches infructueuses, ils durent se rendre à l'évidence : Fraek et Elgram n'étaient plus dans la salle. Ils n'avaient pas pu remonter le tunnel vers la sortie sans laisser de traces dans l'épaisse couche de poussière et les seules traces qu'ils voyaient étaient celles de leur précédant passage.

Il leur fallu admettre que  les disparus étaient descendus plus profondément dans la mine. Bien décidés à rester groupés, les nains jetaient des coups d’œils tendus dans toutes les directions pour tenter de déceler d'où viendrait le danger. Ils s'engagèrent dans plusieurs tunnels, revenant régulièrement à la salle pour rester dans les environs. Tous les tunnels étaient vides. À l'exception d'un seul. Après avoir progressé quelques centaines de mètres dans celui-ci, ils tombèrent à nouveau sur des cadavres. Et pas un ou deux corps. C'était un vrai charnier : au moins une trentaine de corps s'entassaient sur moins de cent mètres de tunnels, et ici, des plaies étaient clairement visibles. Des blessures dues à des marteaux et à des haches, les mineurs se seraient combattus entre eux?

Drugar n'y comprenait plus rien. Il le sentait au plus profond de ses os : il fallait remonter. Mais ses coéquipiers ne semblaient pas animés des mêmes intentions et Drugar se morigéna. Était il un enfant pour avoir ainsi peur de quelques dépouilles ? Il repoussa ce qu'il pensait être l'emprise insidieuse de la peur et examina à nouveau les cadavres. Prit d'une impulsion subite, il posa sa main sur un des cadavres.

Il était encore chaud ! Contrairement à ceux-ci, les corps trouvés précédemment dans la grande était froids bien que la rigidité cadavérique n'ai pas encore fait son effet. Pour que les corps soient encore chauds, il aurait fallu que les nains soient morts à peine quelques heures avant or ils n'avaient entendu aucun bruits de lutte pendant la nuit.

Quelque chose d'anormal se tramait ici, Drugar en était sûr. S'il avait été seul, il aurait prit la poudre d'escampette, aussi vite que ses jambes courtaudes le permettait. Mais il était l'héritier du trône de Grundïl et ne pouvait montrer la moindre faiblesse devant ses nains. Drugar prit donc sur lui. Il s’apprêtait à ordonner à ses compagnons de continuer lorsque Bolfur hurla. Comme Drugar, il avait posé sa main sur un cadavre et en avait constaté la chaleur.

Perdu dans ses pensées, il n'avait pas prêté attention au mouvement sous la chair jusqu'à l'instant fatidique. Une espèce d'insecte répugnant, ressemblant à une grosse blatte venait de mordre sa paume et de se glisser dans sa chair. Son hurlement s'étrangla dans sa gorge moins d'une seconde après avoir commencé. Les cadavres s’animaient, des renflements apparaissaient sur toute la surface des corps, grouillants sous la peau lorsque dans un bruits de déchirements des chairs, des insectes gros comme un doigt en sortirent avec vivacité, leur petit corps pulsants d'une lueur malsaine et violacée.

Des endermites ! Les nains tentèrent de reculer, portant des coups de marteau sur le sol pour aplatir leurs minuscules assaillants. Protégeant leur prince à tout prix, les trois derniers nains de son escorte furent submergés et Drugar s'enfuit de toute la vitesse de ses petites jambes. Il s'enfonçait de plus en plus profondément dans les tunnels, sans prendre de point de repère, sa terreur l’aiguillonnant et le forçant à continuer. Il ne s’arrêta que lorsque ses jambes refusèrent de le porter. Ou plutôt il trébucha et s'évanouit.

Lorsqu'il reprit ses esprits, seul le silence planait. Les horribles insectes semblaient avoir perdu sa trace. Que s'était il passé ? Comment des rejetons de l'Ender avaient bien pu se trouver en Manachan, et ce malgré les enchantements runiques qui protégeaient l'endroit. Incapable de trouver des réponses à ses questions, Drugar étudia son environnement. Il se trouvait dans une salle aux dimensions respectables, surtout vu la profondeur à laquelle il se trouvait. Elle était entièrement vide en dehors d'une forme oblongue tout au fond de la salle. Lorsqu'il s'approcha, la salle s'éclaira d'une douce lueur bleutée et Drugar se pétrifia, saisi par l'intuition d'où il se trouvait.

L'Autel Originel.

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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Sam 31 Oct - 17:16

Le cœur emplit de révérence et de crainte, Drugar osait à peine respirer. Il allait rebrousser chemin mécaniquement lorsqu'il se rappela la présence des endermites dans les niveaux supérieurs. Bien qu'il sentit qu'il ne devait pas se trouver ici, le sanctuaire lui procurait une impression de sécurité et de bien être. C'était la première fois depuis son départ de Grundïl, non, depuis le début de cette affaire, que Drugar se sentait apaisé. Enfin en paix avec lui même, il fit le tour de l'autel.

Plutôt grand sans être énorme, il devait mesurer une quinzaine de mètres sur quatre. La matière qui le composait était indéfinissable et produisait la lumière bleutée dans laquelle la pièce baignait. En se rapprochant, il vit un coffret violacé qui attira son attention. En effet celui-ci semblait avoir été forcé. Le couvercle arraché traînait sur le sol à l'entrée de la salle. Drugar se rendit alors compte que c'est sur ce couvercle qu'il avait trébuché.

Sans oser les toucher, il examina le coffret et son couvercle de plus près. Il était couvert d'inscriptions et de runes que Drugar n'avait jamais vues et qu'il ne pouvait comprendre. Il se tourna alors vers l'autel et jugeant le lieu et la situation tout à fait indiqués pour celà, il se mit à prier. Poussé par une étrange impulsion, il posa sa main sur l'Autel Originel. La sensation d'apaisement qu'il ressentait jusqu'alors se démultiplia et Drugar se sentit flotter, les sensations atténuées. Il se mit à marcher vers un tunnel inconnu qui s'enfonçait dans les profondeurs, guidé qu'il était par une présence inconnue.

Le temps passa et Drugar marchait toujours. Vers quoi, il ne le savait pas lui même mais il sentait que c'était le chemin à prendre. Il aurait du être effrayé, en temps normal il aurait été en route pour Grundïl, rapportant à son roi tout ce qu'il avait apprit. Cependant, sans trop savoir pourquoi, il sentait que la présence qui le guidait ne lui voulait que du bien. Il continuait donc. Il sentait les endermites grouiller dans les recoins des galeries mais il ne s'en inquiétait pas. La présence qui le guidait était trop forte pour qu'il se laisse distraire et les insectes ne semblaient pas vouloir s'en prendre à lui.

Il marcha de longues heures lorsque soudain, la présence en lui disparue, dissipant l'impression de flottement et de bien être dans laquelle Drugar baignait. À quelques pas de lui se trouvait un cadavre. Comme tous les autres, sa face blafarde se tordait dans un rictus d'horreur et de douleur. Drugar détailla le cadavre et ouvrit le poing serré de l'individu. À l'intérieur reposait une petite pierre que Drugar prit. Elle était composée de la même matière que l'Autel Originel mais pulsait une lueur violette et non bleutée. À la réflexion, cette lueur rappelait l'aura malsaine qui se dégageait des endermites. Sans trop savoir comment Drugar compris que la pierre qu'il tenait dans le creux de sa main était l'Angrulok et que sa place était dans le coffret qui avait été forcé.

Se sentant à juste titre investi d'une mission divine, il décida de ramener la pierre à sa place auprès de l'autel. Il reparti donc en sens inverse, fermement résolu à remettre l'objet en place et à comprendre ce qui était advenu. Tout en cheminant, il remarqua qu'il voyait de plus en plus d'endermites dans les tunnels environnants. Le suivaient elles ? Pourtant rien dans leur attitude ne semblait indiquer qu'elles allaient passer à l'attaque.

Il continuait son chemin, se questionnant sur les événements récents. Qui avait pu oser forcer le coffret et pourquoi ? Celà avait il une relation avec la mort de l'équipe de mineurs ? Ces questions et l'image du charnier près de la salle principales tournaient en boucle dans son esprit, le poussant à la colère. Il ne s'en rendait pas compte mais il était à nouveau sous influence. Mais à l'inverse de la précédente, celle-ci plus pernicieuse, faisait s'égarer son esprit vers des chemins qu'il n'aurait jamais empruntés normalement.

En effet le Renouveau de Grundïr se trompait sur la nature de l'Angrulok. Au lieu d'une pierre bénie permettant d'être en communion avec Grundïr, elle était le réceptacle des vices de celui-ci. Lors de la création de la race naine, le Dieu avait refoulé ses plus mauvais penchants pour guider son peuple vers une vie paisible et juste. Il ne put cependant les supprimer complètement et les enchâssa dans l'Angrulok qu'il scella dans un coffret runique. Il en laissa à la garde aux maîtres des runes qui l'avait protégé jusqu'alors.

Douée d'une conscience primaire et inspirée par les instincts réprimés de Grundïr, la pierre influençait Drugar qui se persuada que Karak Balond avait voulu voler l'Angrulok. Ses pas le guidèrent non pas vers l'Autel Originel mais vers la salle principale puis vers la sortie de la mine. Tout le long du chemin, il eut des visions. Des guerriers envahissaient la mine, dévastant tout sur leur passage, la rune de Karak Balond étincelant sur leurs armures. Pourchassé par des ennemis imaginaires, il crut la mine attaquée. À peine sorti de la mine il s'élança vers la forêt, ses dernières bribes de raison fondaient comme neige au soleil :

Il allait rapporter la perfidie de Karak Balond à son père et offrir à Grundïl la pierre divine qui lui revenait de plein droit.

Dès lors le Choix fut fait.

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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Sam 7 Nov - 22:12

Il pleuvait encore … Comme souvent sur Oldëlia, la pluie se moquait des guetteurs, les trempant jusqu'aux os et réduisant leur vision.

- J'aurai jamais du jouer ce tour de garde avec Brunduk, il a vraiment une chance pas possible...

- Encore à te plaindre, t'avais qu'à boire moins.

Du haut du poste de guet, les deux nains se querellaient gentiment. Le premier allait répliquer lorsque l'attitude de son camarade l’arrêta.

- Toi aussi tu vois quelqu'un ?

- On dirait un nain.

En effet, c'était bien un nain qui sortait tout juste de sous les branches basses. Le rythme erratique de sa course et le bruit de soufflet de forge qui s'échappait de sa bouche montrait plus que clairement son état de fatigue.

- Préviens en bas qu'ils ouvrent.

Quelques minutes plus tard, Drugar passait les portes en trombe. Un seul regard avait suffit aux factionnaires pour reconnaître leur prince et envoyer la nouvelle de son retour jusqu'au palais.

Pour une fois, Drugar n'eut pas à attendre, le roi et ses nains de confiance l'attendaient dans la chambre du conseil. Il était à peine assis que son père le pressait déjà de raconter son récit. Celui-ci dura longtemps et il leur raconta son périple en détail. L'attaque du blop, les cadavres sans blessures apparentes, les rictus d'horreur, les endermites, la trahison de Karak Balond et surtout la découverte de l'Angrulok. Il posa alors la pierre divine sur la table afin que chacun puisse la voir. Convaincu que cette pierre mythique était la composante principale d'enchantements runiques encore inconnus, Drugar enchaîna.

- Cette pierre, l'Angrulok est la raison pour laquelle Karak Balond nous a trahis !

- Es tu certain que la cité de Karak Balond est à l'origine de nos problèmes ? L’interrogea un conseiller.

- N'avez vous rien écouté ? J'ai été pourchassé par des nains dans toute la mine et leur armure était frappée de la rune de la Cité aux Trois Pics.

- Mais pourquoi ? Nous sommes en paix depuis la fin de l'Obscurantisme...

- Ce n'est pas le pourquoi le plus important. Intervint le roi en se levant.

- Je dois m'entretenir avec les autres monarques et vite ! Chambellan fais leur parvenir une convocation pour le conseil des rois.

- Vous comptez inviter le roi de Karak Balond ?! Pourquoi vouloir parler avec ce traitre !

- Du calme mon fils. Ce n'est pas parce que des nains de Karak Balond sont liés à cette histoire que Boldar est forcément un traître. Aimeriez-vous être accusé des actes perpétrés par le Renouveau de Grundïr ? Je ne peux pas croire que Boldar ait orchestré celà et je ne peux le considérer comme coupable sans avoir écouté sa défense.

- Il est trop tard pour les principes utopiques, nous devrions ..

- Assez ! Le coupa le roi. Je comprends ton désarroi, tu reviens tout juste de l'enfer mais je suis le roi, je ne peux agir sur un coup de tête. Cette affaire doit rester secrète jusqu'à sa résolution, je ne tolérerai pas qu'on attise la haine envers notre propre peuple au sein de ma cité.

Marmonnant dans sa barbe, Drugar finit par courber la tête. Il n'avait pas vraiment le choix de toute façon, à Grundïl le pouvoir du roi était absolu.

Deux semaines passèrent et en dehors de la disparition d'un ou deux mineurs, rien de notable ne se produisit. Enfin, les monarques se présentèrent à Grundïl et le conseil des rois put commencer. Le conseil des rois n'était pas une assemblée ordinaire. Sur les dizaines de royaumes nains connus, seuls quatre monarques siégeaient dans cette assemblée restreinte. Dornar Brise-Écu, roi de Grundïl, Boldar Broie-Pierre, roi de Karak Balond, Thorgar Poigne-d'Acier, roi de Kazadrine et Fulbar Forge-Rune roi de Khazad Karag.

- Si vous permettez, étant celui qui a convoqué ce conseil, je souhaiterais commencer.

- Vas-y Dornar, ne nous fais pas languir. Ton message était plus que sibyllin, pourquoi convoquer ce conseil à propos Manachan ?

- Il s'y est passé des choses que je dois vous narrer, cependant je voudrais tout d'abord te poser une question Boldar. S'est il passé des choses inhabituelles pendant votre année d'exploitation ?

- Inhabituelles ? Non, rien à ma connaissance.

- Personne n'est descendu dans les niveaux interdits ? Vous n'avez pas rencontré de créatures ?

- Bon sang Dornar, si tu as quelques chose à dire, dis le ! Mes équipes sont aussi compétentes que les tiennes et d'une loyauté sans faille. Aller dans les niveaux interdits, mais pour qui nous prends tu ? Rugit Boldar.

- Calme toi Boldar, hurler ne nous mènera à rien. Et il a raison Dornar, pourquoi ces accusations voilées ? Vas tu enfin nous dire ce qu'il se passe ! Intervint Fulbar de Khazad Karag.

L'intervention du vénérable seigneur des runes ramena un semblant de calme dans l'assemblée et Dornar put poursuivre sans interruption. Il leur narra le périple de Drugar, l'attaque des endermites et la violation du coffret scellé dans la salle de l'Autel Originel. À ce stade les trois monarques avaient déjà blêmi mais lorsque que Dornar aborda la découverte de l'Angrulok et la fuite de son fils devant les forces de Karak Balond, la colère enfla. Ulcéré d'être accusé à tort, sur les bases d 'un seul nain fut il un prince, Boldar explosa.

Ne voulant pas croire à une duperie aussi vile, Fulbar et Thorgar demandèrent à voir la cause de tous ces problèmes : l'Angrulok . Coincé, le roi de Grundïl dut accepter d'emmener les monarques dans la chambre forte contenant la pierre. Escortés par Drugar et une troupe de Marteaux de Grundïr, ils descendirent dans les tunnels. Ils progressaient en silence depuis un moment lorsque des petits bruits se firent entendre. Plus ils avançaient plus le son s'intensifiait. Finalement sur le qui-vive, les membres de la petite troupe se regardaient, mal à l'aise, le regard plein d'interrogations. Ils arrivèrent finalement à l'entrée de la chambre forte et les gardes les laissèrent entrer.

Nul ne sût les paroles qu'échangèrent Drugar et les quatre monarques au sein de cette salle. Boldar Broie-Pierre sortit le premier, le pas long et les traits furibonds. Quelques marteaux de Grundïr le raccompagnèrent vers la surface. Les quatre autres nains ne sortirent que quelques minutes plus tard. Devisant à voix basse, ils furent pris au dépourvu lorsque leur escorte se mit en formation.

- Vos majestés, quelque chose ne va pas.

- Quoi donc ? Demandèrent les intéressés à l'unisson.

Le nain n'eut pas le temps de répondre. Le son qui les avaient accompagnés tout au long du trajet s'étaient transformés en grondement. Pas un grondement animal mais plutôt celui qu'aurait produit une chute d'eau. Tendus à l’extrême les nains tenaient leur position, les mains crispées sur leurs armes runiques. Ils n'eurent pas à attendre longtemps, d'un tunnel latéral surgit une nuée d'insectes violacés. Les endermites ! Comme un seul nain, la petite troupe s'élança vers la sortie.
Elle semblait si lointaine.

- Courrez, c'est le seul accès, si nous atteignons les niveaux intermédiaires, les protections runiques nous permettrons de sceller ces étages et de les inonder ! Cria le roi de Grundïl.

Malheureusement c'était plus facile à dire qu'à faire. Ils n'avaient pas parcouru la moitié du chemin que déjà leur troupe se réduisait dramatiquement. À chaque fois qu'ils se faisaient rattraper, un  marteau de Grundïr stoppait sa course et se dressait héroïquement face à la marée de nuisible. Ce courageux sacrifice permettait pour le moment au reste de la troupe de continuer son évasion mais fatalement, le dernier nain de l'escorte se sacrifia. Il ne restait qu'une centaine de mètres à parcourir.
Ils n'y arriveraient pas. Drugar s’apprêtait à ralentir lorsque Dornar s'arrêta net.

- Père !

- Vis mon fils. Lui dit son père, puis, se retournant il enchaîna :
Moi, Dornar Brise-Écu ne fuirais pas devant des insectes ! Venez bande de larves.

Rugissant ces paroles, il activa la magie des runes de son marteau et attendit la mort.
Drugar ne pouvait continuer mais la main encore solide du vieux roi de Kazad Kharag lui empoigna l'épaule le poussant à courir.

- Si tu meurs ici, son sacrifice aura été vain.

Ces quelques secondes d'hésitation faillirent leur coûter la vie mais ils franchirent le seuil de la porte runique juste à temps. Les sigles gravés dans la pierre s'allumèrent de vives couleurs. Lorsque les endermites essayaient de traverser, elles brûlaient sans y parvenir en dégageant une fumée acre.
Épuisés, les quatre nains spéculèrent sur la présence des habitants de l'Ender dans Grundïl en remontant les tunnels sans parvenir à trouver une raison qui leur convint à tous.

En effet, le départ du roi Boldar peu de temps avant l'attaque jetait le doute sur Karak Balond mais seul Drugar, aveuglé par sa tristesse et le souvenir de ses visions, était persuadé de leur duplicité. Par deux fois il avait survécu aux endermites mais l'horreur de ces rencontres resterait à jamais gravée dans sa mémoire.
Les autres préféraient attendre avant de croire à la trahison d'un allié fidèle depuis tant d'années.

N'obtenant pas de consensus, chaque monarque rentra dans sa cité.

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Re: Il était une fois les nains

Message par Natchoum le Sam 7 Nov - 23:32

Les semaines se succédèrent et les relations entre les cités se firent plus rares. Chaque cité faisait le point de son côté. Kazadrine et Khazad Karag correspondaient encore un peu entre elles mais plus aucune nouvelle de Grundïl ou de Karak Balond ne parvenait jusqu'à ces cités.

En effet, quelques jours après leur retour de Grundïl, les rois avaient tous reçu un message expliquant que tant que Drugar n'aurait pas fait des excuses publiques quand à ses accusations infondées, Karak Balond ne maintiendrait plus aucune relation diplomatique avec les autres cités.
Cette décision de Boldar Broie-Pierre ne fit que renforcer la résolution de Drugar, persuadé de la perfidie de celui-ci. Ce choix poussa aussi les monarques de Kazadrine et Khazad Karag à croire aux assertions de Drugar, Karak Balond se retrouva donc isolée. La tension était suffisante pour que, par peur de la guerre, les grandes cités appellent au rassemblement. Unis par une multitude de serments, la quasi totalité des royaumes se réunit au sein des quatre grandes cités.

Toute leur attention étant consacrée à ce problème majeur, les monarques négligèrent les rapports indiquant un nombre de morts qui allait croissant, cadavres dont les conditions de décès étaient jusqu'alors inconnues. Ce n'est que lorsque les piles de rapports sur le sujet se mirent à déborder sur les bureaux des conseillers que ceux-ci durent tirer leurs souverains respectifs de leur bulle de réflexion. Il était cependant trop tard et les semaines qui suivirent virent grimper le nombre de morts de façon exponentielle.

Devant l'inefficacité des médecins dans leur lutte contre la maladie, Fulbar Forge-Rune et Thorgar Poigne-d'Acier finirent par réagir. Ils se concertèrent rapidement par le biais de messagers et se rendirent à Grundïl pour la seconde fois, accompagnés des restes de leurs armées. Grundïl, tout comme Karak Balond ne répondait plus à aucun messager et les monarques de Kazadrine et Khazad Karag craignaient le pire. Les événements ayant commencés à Grundïl, il leur semblait logique de commencer leurs recherches par là.

Quelques jours plus tard, Fullbar, Thorbar et leurs troupes arrivèrent en vue de Grundïl. Aucun guetteur en vue et pas une fumée ne s'élevait de la montagne. Qu'avait il bien pu se passer ?
Inquiets, les nains s'approchèrent prudemment. La porte monumentale était close mais les runes de protection n'étaient pas activées. Quelques nains s'arc-boutèrent sur les battants et ils réussir à l'entrouvrir. Les niveaux supérieurs de la cité étaient plongés dans l'obscurité.

Les deux rois préférèrent jouer la carte de la prudence et plutôt que d'aller plus avant dans la ville et ils établirent un campement à seulement quelques mètres des portes. Craignant désormais de possibles adversaires venus de l'extérieur, la troupe s'empressa de refermer les portes. Ils s'organisèrent alors en petites troupes d'explorations et entreprirent de fouiller la cité pour chercher d'éventuels habitants.

Pendant ce temps, quelques centaines de mètres plus bas, les derniers survivants de Grundïl s'interrogeaient. Comment les choses avaient pu aller aussi loin, aussi vite ? De la cité la plus florissante du royaume nain, il ne restait qu'une centaine de survivants. Dirigés par les derniers maîtres des runes en vie. Ces derniers avaient accepté d'endosser le commandement à la mort de Drugar. Comme de nombreux nains, on ne savait pas de quoi il était mort. Une maladie, les survivants s'en doutaient, mais inconnue à ce jour. Tous les remèdes de leur pharmacopée avaient lamentablement échoué à enrayer la progression de cette épidémie. L’extrême rapidité à laquelle elle semblait se développer et l'absence de symptôme annonciateur avaient complètement dépassé leurs connaissances médicales.

Si celà avait été leur unique problème, peut être aurait-ils pu survivre à ce fléau en demandant de l'aide. Ils auraient été exsangues mais ils auraient survécu. Malheureusement, une tragédie en entraînant une autre, les endermites avaient refait leur apparition. Plus aucun doute n'était possible, les créatures de l'Ender apparaissaient spontanément à une petite distance de l'Angrulok.

- Le coffret ! S'exclama Bulfar.

Comme le souligne la possession du suffixe « ar » dans son nom, Bulfar était un lointain parent de la lignée royale. Plus doué avec les runes qu'avec les concepts diplomatiques, il s'était naturellement dirigé vers la vocation de maître des runes. Considéré comme un génie par ses pairs, qui le voyait même comme le futur Forge-Rune, Bulfar possédait un énorme savoir sur le sujet. Sachant qu'aucun des nains de Grundïl ne pourrait survivre à la menace conjuguée des endermites et de la maladie, les derniers survivants prirent une décision.

Ils allaient s'enfoncer au plus profond de la ville, jusqu'à l'Angrulok et la sceller à jamais. D'après Bulfar, les endermites piégées dans ce niveau d'existence ne pouvaient survivre que quelques semaines. Ce plan de la dernière chance était le seul que les nains purent concevoir pour sauver la terre de leurs ancêtres de la souillure de l'Ender, et éviter que les autres cités soient envahies à leur tour. Avec de la chance la maladie ne s'était déclarée qu'à Grundïl et le peuple nain pourrait continuer à prospérer.

L'Angrulok attisait les passions et déchaînait les calamités, Bulfar et ses compagnons acceptèrent donc de sacrifier de leur vie et de sceller la pierre au plus profond de la cité. Le courage et la volonté dont ils firent preuve lors de la descente, alors qu'ils couraient submergés par les endermites ne pouvaient être remis en doute. De simples citoyens donnaient héroïquement leur vie pour permettre à Bulfar et à ses pairs d'atteindre la chambre forte. Seule une poignée d'entre eux y parvint et parmi eux, Bulfarr.

Dans un exploit digne des plus grands héros de l'ancien temps, il scella l'Angrulok et la salle autour d'eux avec des runes interdites. Pour finir, il activa l'enchantement runique qui protégeait la cité afin que personne ne puisse plus jamais déclencher de telles calamités.

Ce noble sacrifice sauva sûrement Oldëlia d'une invasion de l'Ender mais elle scella irrémédiablement le sort de Fulbar, Thorgar et de leurs troupes. Ils eurent beau tout tenter, personne ne réussit à défaire l'enchantement runique réactivé qui bloquait désormais les portes. Coincés dans la cité sans aucun espoir de sortie, la troupe finit par succomber à la maladie.

À Kazadrine et à Khazad Karag, les derniers survivants se regroupèrent, espérant des nouvelles de leurs monarques. La maladie, propagée par les nains qui s'étaient rendus à Grundïl la première fois, fit des ravages et les deux cités devinrent des charniers, uniquement peuplés de cadavres.

De Karak Balond, personne ne connaît le destin avec exactitude. Cependant, les voyageurs humains qui ont depuis tenté de s'y rendre se sont heurtés à une porte close et les champs de houblons sont à l'abandon depuis des décennies. Nul doute que les citoyens de Karak Balond ont partagé le sort funeste de leurs frères de race.

La prophétie de Zekaraï s'était donc réalisée et le choix aveugle de Drugar avait condamné son peuple.
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Re: Il était une fois les nains

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